Association C.A.D.

COMPORTEMENTALISTES D'AUJOURD'HUI et de DEMAIN

Des comportementalistes spécialistes des relations Homme/Chien/Chat

 

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Les activités de C.A.D.

 

Article paru dans  le Hors série "Atoutchien" n°54 de mars/avril 2003

 

 

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"Les comportementalistes sont à même de venir en aide aux propriétaires qui se retrouvent dépassés,

ou qui ont commis des erreurs dans l'éducation de leur compagnon" 

 

 

 

Seuls les cas vraiment extrêmes sont irrattrapables, et il n'y a finalement pas de honte à faire appel à leurs services.

 Mais au-delà de leur travail quotidien, qui consiste à rétablir une parfaite harmonie entre l'homme et l'animal, les comportementalistes n'ont de cesse de mettre en garde les futurs acquéreurs. 

 

Si les maîtres désemparés constituent leur fond de commerce, les comportementalistes ne sont pas avares de conseils, bien utiles avant de passer à l'achat du chiot en lui-même. 

Certains d'entre eux se sont donc réunis pour nous commenter différents cas de figure, tirés de leurs propres expériences.

 

 A méditer...car c'est avec des exemples concrets, choisis sur le terrain, que l'on peut prendre conscience de certaines données et éviter ainsi d'aller au devant de déboires.

 

"Chacun cherche son chien" par 15 comportementalistes pas avares de conseils:

  • La mission du comportementaliste:  Suzy A. Wishart

Originaire du Royaume-unis, je travaille comme comportementaliste en Bretagne depuis 5 ans. Je donne des cours avec clicker-training pour chiens de tous âges. Les chiens à problèmes envoyés par leur vétérinaire ont chacun un programme de rééducation adapté.

Un chien de compagnie devrait être exactement ce que ce mot suggère, mais la vie moderne en condamne beaucoup à une vie de solitude, d’ennui et de frustration, avec tous les problèmes qui en découlent.

Grâce à une compréhension réelle de leurs besoins physiques, alimentaires et surtout affectifs, ces chiens peuvent être aidés.

Mon travail vise à augmenter le niveau de contentement du chien en réduisant son stress, tissant ainsi des liens plus étroits avec son maître. Les chiens ont besoin d’affection, de stimulation et d’une vie structurée. De cette façon, ils deviennent d’excellents chiens de compagnie.

  • Le chien-cadeau: question de bon choix   Christelle Noirjean et Isabelle Malaval 

 Offrir un chien à son conjoint, en cadeau d’anniversaire ou de Noël ou pour toute autre raison, est certes un beau geste d'attention et d'amour mais demande une grande prudence. 

 En effet, il ne suffit pas de craquer sur une race vaguement évoquée au cours d’une conversation, céder à un caprice ponctuel comme un chiot dans une vitrine, faire une bonne action en allant dans une SPA, ou vouloir à tout prix remplacer un compagnon récemment disparu en pensant atténuer la douleur de son absence. 
L’attente de ce nouveau compagnon doit être mûrement réfléchie et à deux pourquoi pas ? 

 Le chien est un être vivant, avec tout ce qu'il implique comme obligations, responsabilités et plaisirs.

 Il sera nécessaire de :

 1. lui consacrer beaucoup de temps et un peu d'argent, anticiper sur les vacances et déplacements éventuels (sans ou avec le chien)

 2. se demander si CE chien correspond parfaitement au vœu du conjoint en accord avec son mode de vie (compagnie ? sport ? garde ? Pour les enfants ?

 3.  en discuter si possible avec la personne concernée

 4. S’être informé avant la venue du chien: prendre connaissance du monde canin de façon à le comprendre et s’en faire comprendre, savoir quoi faire, et comment!

 Chiot ou adulte, le chien qui arrive doit s'intégrer dans sa nouvelle famille et dans cette nouvelle vie ; pour que tout se déroule au mieux, dés le début, n'hésitez pas à demander conseil à des spécialistes de la relation homme-animal, les comportementalistes animaliers sont là pour vous aider.

 Le bonheur apporté par ce chiot ou ce chien à votre conjoint et la joie qu’il lui procurera vous conforteront alors dans l’idée d’avoir vraiment fait le bon choix !

  • Le chien pour faire plaisir à un enfant: Françoise Gaudron et Armel Bortle

Acheter un chien pour faire plaisir à un enfant ou pour lui tenir compagnie demande réflexion. Il faut chercher à comprendre les motivations de l’enfant afin de ne pas céder à un caprice. Si l’enfant prend des responsabilités il restera sous contrôle parental, mais les parents sont-ils prêts à assumer toutes les tâches de soigner, éduquer, toiletter, sortir et nourrir quotidiennement le chien ? 

Le chiot bien socialisé avant ses 12 premières semaines de vie, c'est-à-dire mis en contact avec des humains de tous âges et toutes tailles est apte à cohabiter avec l’enfant.

 Cela ne signifie pas que cette relation est d'emblée idyllique ; les bases d’une entente réussie sont bien sûr l’éducation de l'enfant qui implique le respect du chien et la compréhension des codes canins, mais aussi celle de l'animal. 

Le chien aide l’enfant à sortir de son égocentrisme, lui apprend la nécessité de partager, lui montre par son exemple la tolérance et le retrait plutôt que l’affrontement.

Il participe à son éveil, l’entraîne dans ses explorations. Il le poursuit ou se laisse pourchasser : c'est un compagnon de jeu toujours disponible qui favorise l’activité physique et lui apprend aussi « les choses de la vie » de façon simple et naturelle. 

L'animal est un médiateur relationnel qui aide l'enfant à tisser ou rétablir un lien affectif, à entrer en contact avec ses camarades, avec les adultes mais aussi avec ses parents. L’enfant lie avec son chien une relation de complicité, de confiance et d’affection qui se moque de l’apparence physique. Il partage avec lui ses secrets, se réconforte à la chaleur de l'animal, se rassure au contact de son poil, oublie son inquiétude, est consolé par un coup de langue.

Que de joies vont-ils s’apporter mutuellement !
Le chien a donc un effet bénéfique sur le développement psychologique et social de l’enfant.

  • Le chien et les seniors: Marion Gauvin et Dominique Pineau.      

Les enfants partis, la situation familiale changée par la retraite et souvent un changement de domicile, tout cela fait qu’un couple peut perdre ses repères. L’acquisition d’un chien peut palier le sentiment de vide car il met de l’animation et apporte un réconfort affectif.

Le chien permet de satisfaire le besoin de protection : on a sentiment d’être utile parce qu’il faut le nourrir, le sortir, tous ces actes donnant un sens à la vie quotidienne. L’animal comble parfois le manque de communication au sein du couple. Sa présence permet souvent une insertion harmonieuse dans un nouveau cadre de vie.

Les promenades plusieurs fois par jour ont un effet bénéfique sur la santé, elles entretiennent le bien-être physique, dans ce domaine l’animal est moteur et ses besoins stimulent les sorties journalières.

Avoir un chien restreint le sentiment de solitude, favorise la vie sociale : les clubs canins recevant des couples seniors avec leur chien favorisent la création de liens d’amitié et de partage.

Les problèmes rencontrés par les seniors sont très souvent liés à la hiérarchie.

Un senior à souvent plus de patience, de disponibilité, et donc d’indulgence pour les écarts de comportement de son animal. Le chien peut aussi symboliser un substitut d’enfant.

 Or, trop anthropomorphiser son chien, le met dans une position incompréhensible pour lui et créé des comportements aboyeur, mordeur, ou anxieux

Pour profiter au maximum du contact social et affectif d’ un animal de compagnie, une bonne explication des règles du jeu dans la relation homme /chien est nécessaire, et rend normalement la vie de nouveau agréable avec le celui-ci.

En résumé,  si trop souvent la retraite favorise la désocialisation, le chien lui, encourage les liens sociaux et le maintient dans la vie active, à condition que son statut hiérarchique reste clair et cohérent.

  • Petite leçon d'anthropomorphisme! Patrick Le Doeuff. 

Propension naturelle de l’homme à traduire son environnement selon ses conceptions personnelles et le conduisant à des déclinaisons humanisantes sans rapport avec les « réalités » du monde animal. Il est à l’origine des comportements et leurs déviances. Sous-tendu par l’émotionnel humain, il n’a pas d’âge et s’exprime selon des critères existentiels : convivialité, agressivité, amour, jalousie, domination, obéissance, sport, beauté, secours, protection, virilité, publicité, méchanceté, gentillesse, etc. Chacun y trouve et y place sa sensibilité déclinant ses attentes humanisantes. L’anthropomorphisme est inconscient. Les meilleures intentions en sont souvent ses meilleurs moteurs et il est présent dans toutes les relations à l’animal. L’amour, la passion, le pouvoir, produisent le contraire de leurs a priori intentions initiales. Notre relation affective portée à un « animal-objet » nous fait oublier qu’il ne peut être porteur de ce que nous sommes ! Cette humanisation de l’animal est cause de la majorité des problèmes de comportement. Un Comportementaliste spécialisé dans la relation Homme – Animal est à même d’aider les maîtres à les résoudre.

  • Le compagnon du divorce: Michel Chanton. 

 Lorsqu'il y a près de vingt ans j'ai utilisé pour la première fois le terme de comportementaliste je n'imaginais pas la richesse de la documentation qui se constituerait à chaque "histoire". Histoire, car j'ai toujours refusé de parler de "cas" en évoquant une série d'entretiens conduits avec des propriétaires de chiens se trouvant face à une détérioration de la relation avec le chien .

 Il est vrai que si on considère que tout chien qu'on ne comprend plus est un "malade mental" on est enclin a parler de cas. Ce n'est pas ma conception de la relation avec un chien familier, et en organisant en juin 1990 le colloque " la collaboration entre le vétérinaire et le comportementaliste", annoncé dans la presse vétérinaire, je savais que cette initiative serait accueillie avec sympathie.
Je conserve d'un de ces entretiens un souvenir précis : celui d'une jeune femme désemparée à qui son ami venait d'offrir un chien comme cadeau de rupture.  Propriétaire de chien, sans l'avoir souhaité, elle acceptait tant bien que mal cette situation mais n'avait jamais possédé de chien et demandait de l'aide.
Maître Pautot, Avocat à Marseille, dont la compétence fait autorité, cite des décisions de justice attribuant la garde d'un chien lorsqu 'une "présence rassurante" est évoquée. Le chien est souvent inclus dans une relation affective entre deux personnes et pour la jeune femme  venue me consulter, la présence du chien était indissociable du souvenir de la rupture, pourtant un lien solide et durable s'était créé entre eux.

  • Le chien des célibataires: Danièle Mirat et Laurence Bruder

Une personne seule, célibataire, veuve, plus ou moins jeune, pense un jour prendre un chien pour lui tenir compagnie. Cet animal toujours présent et prêt à tout partager peut devenir vite l’unique objet de toutes les attentions. Il est parfois le seul avec lequel on connaisse les joies de l’échange affectueux et est souvent de ce fait, le chien des relations fusionnelles.

 Cet animal que l’on est seul à nourrir, à sortir pour ses « petits besoins »et son exercice, à soigner s’il est malade, se trouve naturellement encouragé à s’attacher de manière exclusive à son maître ou sa maîtresse.

 Cela peut au début être très flatteur pour l’humain, puis devenir un enfer pour l’animal comme pour le  propriétaire.

 Un des pièges de ce fort attachement  est de se retrouver avec un chien qui manque d’autonomie ; ex : il ne sait pas rester seul, même le temps d’une course à faire, sans aboyer ou détruire dans la maison ; ou l’on ne peut le confier à personne tellement il est impatient ou toujours prêt à fuir. 

Un autre piège est celui de voir le chien devenir tyrannique auprès de son maître : il est alors difficile de parler avec un visiteur ou au téléphone, difficile aussi d’être en intimité avec le ou la partenaire occasionnel(le), sans que le chien ne s’interpose de la voix ou même du geste.

 Attention de proposer à ce chien assez de possibilité de s’ouvrir à divers contacts sociaux, et à la faculté de rester seul sans stress, en ne le tenant pas constamment collé à vous.  

  •  L'enfant que l'o n'a pas encore: Danièle Mirat et Kjersti Fanals

Bien des jeunes gens souvent actifs tous les deux, partent faire ensemble un bout du chemin de la vie en prenant un chien pour compagnon. Les voilà responsables  à deux pour la première fois, d’un être vivant qu’il faut éduquer, protéger, promener. Le chien est souvent, au sein de ce couple, un peu l’enfant que l’on a pas encore, chacun prenant la charge qui lui  convient pour s’occuper de lui quotidiennement. 

L’animal les accompagne ensemble ou séparément dans les activités sportives ou de loisirs variés, part avec eux en vacances, profite pleinement de leur vie de jeunes gens encore indépendants. C’est le chien chouchou, le prince … le roi.

Mais si un bébé arrive, attention à ce que le chouchou, le prince, le roi n’en prenne pas ombrage !

 Pour cela le chien doit être correctement positionné hiérarchiquement en subordonné à ses maîtres ; ensuite dès la venue de Bébé, une attitude neutre face au chien avec le tout petit, en le laissant participer aux activités du bébé, participe à ce qu’il n’associe pas le nouvel arrivé à moins d’attention pour lui. Ce qui ne signifie nullement que plus tard,  le chien doive assurer « la garde » de Bébé en l’absence de toute surveillance !

En attendant ce possible agrandissement de la petite famille/meute, les couples sans enfant peuvent profiter des joies d’avoir un chien pour compagnon, qu’ils prendront soin de bien familiariser aux enfants en général.

  • Éducation: un peu de bon sens   Karine Vermot-Gaud et Jacqueline Amigues. 

Aucun doute aujourd’hui sur l’intérêt pour l’homme de partager sa vie avec un chien. Mais attention aux dérapages possibles de la relation.

Voici deux conseils :

  • informez-vous au plus tôt auprès de professionnels, pour mieux le comprendre

  • optez pour une éducation « bon sens "

De nos jours, le chien partage notre appartement, nous suit au restaurant et au bureau. Il a donc besoin d’être « bien élevé » pour être accepté et aimé dans notre société.

Les bonnes manières ne sont pas naturelles pour lui : il faut les lui apprendre, et cela peut se faire de manière tendre, ludique mais ferme.

Même s’il apprécie les canapés, il n’a pas oublié ses origines « loup » et l’esprit de meute dont vous faites à présent partie, avec ses règles et ses limites.

A vous d’apprendre à tolérer certaines petites manifestations, et de les canaliser afin qu’elles ne deviennent pas gênantes.

N’oubliez pas qu’il grandit très vite ; il est préférable de stopper dès l’arrivée du chiot, ce qui sera interdit à l’âge adulte.

ex :

-          le fouilleur de poubelle sera tenu en échec si vous utilisez un modèle avec couvercle hermétique,

-          l’aboiement est sa manière de s’exprimer. Va pour un « ouaf-ouaf » joyeux au départ en promenade. Mais plus, c’est inutile et vite invivable. 

-          La fête est un grand classique qui attendrit, fait rire et parfois agace beaucoup. 

Petit, il griffe les jambes, plus grand il saute sur les visiteurs ou mieux, met son nez sous la jupe des dames, comme il le ferait avec un congénère ; deux chiens qui se rencontrent s’inspectent la truffe et les parties génitales tout naturellement ; lui expliquer que ces joyeuses coutumes n’ont pas cours chez les humains serait hasardeux, question de « bon sens »…

 

 

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