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Association C.A.D. COMPORTEMENTALISTES D'AUJOURD'HUI et de DEMAIN Des comportementalistes spécialistes des relations Homme/Chien/Chat
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Article paru dans le Hors série "Atoutchien" n°52 de oct/nov/déc 2002
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"Le public connaît mal notre profession plus qu'il n'y est réticent"
Rencontre avec 5 comportementalistes spécialisées dans la relation Homme/chien qui officient chacune à travers la France. Une interview afin de mieux comprendre leur profession et ce que les maîtres peuvent en attendre.
Qu'est-ce qu'un comportementaliste ?
Le comportementaliste est un spécialiste de l’étude des interactions homme/chien familier, de la relation qui les unit et des perturbations de cette relation. C’est avant tout un conseiller, au service des familles propriétaires de chien désemparées devant les comportements gênants, troublants ou inquiétants de leur animal. Interprète des difficultés de chacun dans la relation homme et animal, il est le médiateur entre les deux espèces pour aider à une meilleure compréhension mutuelle. Le comportementaliste s’intéresse chez le chien, aux comportements inhabituels, inquiétants, jugés indésirables, qui ne relèvent pas d’une lésion organique. Pour rompre les processus des comportements gênants ou inquiétants du chien, le comportementaliste cherche les raisons et origines profondes du « pourquoi l’animal agit-il ainsi » afin d’en percevoir le sens ; ceci pour éclairer ensuite ses maîtres, sur les moyens de parvenir à obtenir de celui-ci, des réponses comportementales et attitudes plus satisfaisantes pour tous.
Quelle est la différence entre comportementaliste, vétérinaire, et dresseur/éducateur ?
Le vétérinaire de ville est chargé de la surveillance, du suivi médical, des vaccinations, des animaux de compagnie (chats, chiens, rongeurs, oiseaux, etc.); en milieu rural, il dispense les mêmes soins aux animaux d'élevage. Avec sa connaissance des pathologies animales et leurs traitements, il est seul compétent pour diagnostiquer une maladie, et la traiter s’il y a lieu. Le vétérinaire, peut aussi être comportementaliste, s'il a complété sa formation vétérinaire, par une formation en éthologie (science rappelons-le qui a pour objet l’étude du comportement). Le dresseur/ l'éducateur canin s’attachent à rendre un chien performant dans l’exécution d’une mission au service de l’homme (chiens d’avalanches, de détection de drogue ou d'explosif, de guide de personne handicapée etc.), en cherchant à obtenir par le conditionnement de l’animal des réponses ponctuelles de celui-ci, à des situations précises. Ils aident aussi les propriétaires de chien à obtenir le bon contrôle de leur animal dans la vie quotidienne ( marche en laisse en ville, « assis », « couché », « pas bouger », rappel efficace en promenade, etc. ) là aussi en utilisant les méthodes du conditionnement. La tâche du comportementaliste est de faire comprendre que des altérations comportementales chez un chien qui ne souffre d'aucune pathologie, ne sont le plus souvent que des dysfonctionnements de la communication et de la relation au sein de la famille, générés par maladresse, méconnaissance, incompréhensions mutuelles.
A qui s'adresse le comportementaliste?
Il est un conseiller pour les personnes disposées à acheter un chiot ou un chien : le bon âge d’achat d’un chiot, en fonction de ses conditions et milieu de vie depuis sa naissance, les précautions dans les cas d’adoption d’un animal adulte dans un refuge; mais aussi le choix et la taille d’un chien liés à la personnalité et au mode de vie de l’acquéreur : personne âgée ou sportive, célibataire ou couple avec ou sans enfant. Il a également un rôle de conseiller, auprès des nouveaux propriétaires, afin d’attirer leur attention sur le fait qu’ils vont devoir vivre avec un être vivant et sensible d’une espèce différente de la leur, et leur apprendre à le comprendre et à s’en faire comprendre. Il peut contribuer à la réduction de l’insécurité, en informant ou formant les personnels communaux ou municipaux souvent désarmés face aux délinquants accompagnés d'un chien. Il peut aussi conduire, pour les communes ou groupement de communes, des actions de sensibilisation des propriétaires de chiens, en leur indiquant comment mieux contrôler l’animal dont ils sont civilement et pénalement responsables, dans les domaines de la pollution, des nuisances sonores, des accidents liés au chien.
"Personne ne peut s’improviser comportementaliste" De quels moyens dispose-t-il pour aider les propriétaires ?
Personne ne peut s’improviser comportementaliste, pas même un vétérinaire, ou un dresseur/éducateur canin, à moins qu’ils n’aient suivi une formation en éthologie et en psychologie. Pour aider les propriétaires de chien en difficulté avec leur animal, le comportementaliste s’appuie en effet d’abord, sur ses connaissances acquises :
Mais également ses connaissances:
Les propriétaires sont-ils encore réticents à votre avis à vous consulter ?
Le public connaît mal notre profession, plus qu’il n’y est réticent. Il suffit qu’il sache que nous existons auprès des autres professionnels du monde du chien, et en quoi nous nous en distinguons. Alors, mieux averti de l’aide dont il a besoin, un plus large public saura mieux se diriger vers ces différents intervenants. Il reste que pour certaines personnes, entrevoir de près ou de loin de changer certaines habitudes, modifier leurs propres comportements, revoir leurs certitudes, reconsidérer leurs attentes, peut représenter une remise en question d’eux-mêmes difficile à supporter. Ces personnes là, préfèreront sûrement ignorer, critiquer voire discréditer notre manière d’aborder les problèmes de comportements de l’animal.
Quels sont les types de demandes ?
Les demandes sont très variées par la méconnaissance que le public a du domaine d’intervention du comportementaliste. Il arrive que l’on nous demande de dresser/éduquer tel animal parce qu’il mord tout le monde ou tel autre qui a peur des autres chiens ; nous devons expliquer là, que ce ne sont pas des méthodes de contraintes, qui adouciront les ardeurs du mordeur ou feront du peureux un gai luron avec ses congénères. Mais en règle générale, les demandes d’aide les plus courantes concernent des chiens aux conduites agressives envers les humains ou les autres chiens ; ou destructeurs ou aboyeurs en l’absence des maîtres ; ou craintifs, peureux, de l’humain, des congénères, ou de tout à la maison ou dans la rue ; malpropres soudain ou ponctuellement ; fugueurs.
"Les maîtres doivent impérativement s'impliquer" Qu’est-ce qui est possible de faire ou de ne pas faire ? Tous les cas sont-ils "rattrapables" ?
S’il n’est pas réaliste de prétendre à la résolution de tous les problèmes de comportement rencontrés, rares sont les situations où il n’est pas possible d’apporter ne serait-ce qu’une petite amélioration. Les réussites ou les échecs sont en grande partie dus à la plus ou moins grande implication des maîtres dans les changements qui leur sont demandés dans leur relation à leur animal. Réussite éclatante : l’animal a changé du tout au tout, ou réussite mitigée : la situation s’améliore par à coups, ou bien alors enlisement et échec, ne sont pas les résultats du seul engagement du comportementaliste. Le comportementaliste ne peut pas faire à la place des maîtres, quand par exemple ceux-ci, persistent maladroitement à mettre leur chien à une place hiérarchique peu claire, qui continue d’induire chez l’animal des comportements de domination. Parfois, il est aussi bien difficile d’aider, quand il nous paraît évident, que le chien dont le comportement est gênant et indésirable avec ces maîtres là, serait à coup sûr bien plus paisible dans un autre environnement familial et affectif. Il arrive qu’il y ait des situations de dangerosité telle, avec par exemple un chien menaçant dans une famille avec de très jeunes enfants, où il est prudent de conseiller de donner l’animal à quelqu’un d’autre. Les altérations du comportement les plus difficiles à réduire sont sans nul doute, celles de l’animal mal socialisé durant les 8 premières semaines de sa vie (syndrome de privation sensorielle du jeune âge), ou même pire celles de celui qui a été instrumentalisé, c'est-à-dire très tôt isolé et conditionné à l’attaque. Ce dernier, malheureusement, est difficilement resocialisable, pour le précédent quelques améliorations sont obtenues avec beaucoup de patiente et de persévérance dans le travail.
A retenir: Le comportementaliste conseille toujours avant tout entretien, de consulter le vétérinaire traitant de l’animal, afin de s’assurer qu’aucune pathologie ne vient provoquer ou se superposer aux troubles du comportement de l’animal. Des comportementalistes choisissent de recevoir chez eux, les personnes qui cherchent de l’aide, avec ou sans leur chien ; d’autres proposent de se rendre au domicile des personnes en difficulté avec leur animal, préférant prendre sur place, la mesure des problèmes rencontrés.
Co-rédaction de A. Bortle, L. Bruder, K. Fanals, F. Gaudron et D. Mirat
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