Association C.A.D.

COMPORTEMENTALISTES D'AUJOURD'HUI et de DEMAIN

Des comportementalistes spécialistes des relations Homme/Chien/Chat

 

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Les activités de C.A.D.

 

Article paru dans le Hors série "Molosses News" n°2 de fév/mars/avril 2003

 

 

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"Comportementalistes:  ils ont les solutions"

 

"Tout ce qui est petit est gentil, tout ce qui est gros est méchant. Forcément! 

C'est bien ce qui se dit, à tort, au sujet des chiens, qu'ils soient de type molosse, dogue, bull, etc. Il est effectivement question de taille et de poids, mais cela n'a pas de rapport avec le caractère. Il existe des petits chiens bien teigneux! Reste qu'avec les sujets plus imposants, les conséquences en cas de problèmes sont plus lourdes. Il est donc essentiel de poursuivre la socialisation et de prodiguer une éducation précoce, basée sur la fermeté et la justesse. 

Si l'on est peu sûr de soi ou si l'on n'a pas su éviter les difficultés, il est possible de faire appel à un comportementaliste, spécialiste de la relation homme/chien. 

En voici douze qui répartis sur la France, reviennent sur les idées reçues, nous conseillent et nous font part d'expériences sur le terrain...leur quotidien en somme". 

 

=>1) Les molosses sont-ils obligatoirement agressifs ?:   Armel Bortle (région Côte d'azur)

=>2) Sont-ils plus difficiles que les autres ? : Karine Vermot-Gaud (région Franche Comté)

=>3) Quelles erreurs ne pas commettre à l’arrivée du Molosse à la maison ? : Laurence Bruder (région Bas-Rhin)

=>4) Quelles sont les choses à faire, et/ou ne pas faire avec un molosse ? : Jacqueline Amigues (région Centre)

=>5) En cas de problème avec un chien que peut-on attendre d’un comportementaliste ? : Patrick Le Doeuff (région Pays de la Loire)

=>6) Tous les problèmes sont-ils rattrapables ? : Françoise Gaudron (région Bourgogne)

=>7) Peut-on estimer un taux de réussite ? : Kjersti Fanals (région Rhône-Alpes)

=>8) Le chien étant souvent considéré maintenant comme membre de la famille, génère t’il des problèmes particuliers ? : Dominique Pineau (région Ile de France)

=>9) Exemple vécu, concret d’une intervention professionnelle: n°1 : Krystel Noirjean (région Provence)

=>10) Exemple vécu, concret d’une intervention professionnelle: n°2 : Isabelle Malaval (région Haute-Normandie)

=>11) Exemple vécu, le comportementaliste, un médiateur :  Marion Gauvin (région Auvergne)

=>12) Le comportementaliste, un interprète :  Danièle Mirat (région Ile de France)

 

  • N°1 :  Les molosses sont-ils obligatoirement agressifs ? Armel Bortle, région Côte d’Azur.

Il n’y a pas plus d’agressivité chez le molosse que dans les autres races.  L’agressivité canine peut être le fait d’une souffrance liée à une maladie, ou provenir d’une fragilité émotionnelle conditionnée par tout le vécu du chien.

 Étapes capitales pour prévenir les conduites agressives : 

  • aborder le choix du chiot avec sérieux, auprès d’éleveurs engagés dans le respect de la race 

  • la socialisation à toutes sortes de stimulations, entre la 3è et la 8è semaine 

  • une éducation ferme et cohérente au sein de la famille/meute 

 L’homme a développé des caractéristiques de puissance et de fort caractère chez nombre de molossoïdes, qui n’ont nul besoin de dressage à l’attaque dans le but d’en faire des machines à tuer.

Reste qu’entre certains mâles molosses les relations peuvent être tendues, et qu’en être averti, commande la vigilance aux maîtres responsables.

  • N°2 :  Sont-ils plus difficiles que les autres ?  Karine Vermot-Gaud, région Franche Comté. 

Rappelons que le molosse, type Dogue, est issu du chien de combat de l'Antiquité et qu'il a ensuite évolué comme chien de chasse au gros gibier, chien de guerre, chien de garde, chien policier, mais aussi, chien de compagnie, très protecteur et très proche de son maître.
L'homme a su sélectionner des chiens courageux, méfiants, tenaces voir têtus et bagarreurs avec les autres chiens, surtout si croisement avec terriers (ex: Am’ Staff), puissants, dissuasifs, confiants, qui n'aboient et ne mordent sans raisons.
Il s'agit donc d'associer un maître à la hauteur, qui lui propose une éducation ferme, précoce, rigoureuse, sans brutalité, accompagnée de beaucoup de dépense physique. Il doit favoriser dès son plus jeune âge, les contacts positifs et fréquents avec tous types de personnes et de chiens.
Arrêtons donc de diaboliser le molosse, contentons-nous d'éviter les associations malheureuses !

  •  N°3 :  Quelles erreurs ne pas commettre à l’arrivée du Molosse à la maison ?   Laurence Bruder, région Alsace.

En arrivant chez vous avec votre chiot, installez le dans l’espace que vous aurez prévu pour lui. Il a quitté son ancienne vie, sa mère, sa fratrie ses habitudes ; il est soudain propulsé dans un monde qu’il ne connaît pas : c’est angoissant. Laissez le découvrir son nouvel environnement à sa guise, sans le forcer ou le maintenir bloqué. Évitez de le prendre dans les bras, l’obliger à entrer dans certaines pièces ou monter des escaliers. Ne conviez pas tout de suite famille et amis, afin de limiter bruit et agitation (modérez les enfants qui sont si curieux de la « petite boule de poils ». Laissez-lui quelques jours pour qu’il s’habitue à sa nouvelle vie, respectez son rythme tout en imposant, dans le calme et en douceur, les règles en vigueur chez vous. Car dès le désarroi passé, ne vous laissez pas attendrir par le petit molosse ; ne permettez pas ce qui sera interdit dans quelques semaines.

  • N°4 : Quelles sont les choses à faire, et/ou ne pas faire avec un molosse ? Jacqueline Amigues, région Centre. 

- A faire :

Imposer les règles de vie dès l’arrivée du chiot /chien (un lieu pour dormir,  ni chambre ni lieu de passage, donner à manger après les maîtres, pour renforcer la hiérarchie)

Établir des relations de gentillesse mais de fermeté

Sorties quotidiennes permettant la socialisation à la ville et les  rencontres avec les congénères dès le plus jeune âge afin de maîtriser son comportement

Rester longtemps ferme et constant avec les chiens des races à maturité tardive

Réprimer tout mordillement

- A ne pas faire

Prendre le chiot dans les bras, il pèsera peut-être 70 kg et gardera ce désir en sautant 

Le laisser prendre l’initiative des caresses, jeux etc. (restez vous-même le décideur) 

Des exercices trop violents durant la croissance

Laisser les nonchalants trop se prélasser (ne pas hésiter à les stimuler)

Laisser s’installer un hyper attachement

Lui imposer la solitude trop longtemps

  • N°5 : En cas de problème avec un chien que peut-on attendre d’un comportementaliste ? Patrick Le Doeuff, région Pays de la Loire

 Le Comportementaliste prend en charge la relation Homme/Animal.

 Grégaire, le chien vit dans le rapport à l’autre autant dans sa meute que sa famille d’adoption, et avec toute sa spécificité canine. Le regard du Comportementaliste se porte sur ce potentiel relationnel et ses connaissance en éthologie, psychologie, communication, lui confèrent les compétences pour agir efficacement et rapidement auprès de la famille-meute désorientée. En général 2 à 3 entretiens suffisent !

Quelques domaines d’interventions : agressivité, destructions, vocalisations, phobies, anxiétés, malpropreté, agitations, léchages, comportements alimentaires, stéréotypies, adoption du chiot ou chien, tous problèmes de hiérarchie.

Le Comportementaliste n’intervient que si l’animal est en bonne santé et ses interventions durent de 1h30 à 2h00

  • N°6 :  Tous les problèmes sont-ils rattrapables ? Françoise Gaudron, région Bourgogne

Presque tous les problèmes de comportement sont rattrapables en tout cas améliorables avec patience et opiniâtreté.
Souvent nous constatons un changement radical mais parfois les progrès sont inégaux, en dents de scie. Ces différences sont dues aux maîtres qui sont les éléments dynamiques du changement de comportement de l'animal. Pour parvenir à une relation harmonieuse implication et  constance des maîtres sont nécessaires.
Les cas les plus difficiles à régler pour lesquels on obtient parfois de minimes améliorations sont ceux
- du chien adulte dont le maître a instrumentalisé l'agressivité par un apprentissage maladroit au mordant ou en encourageant inconsciemment le comportement agressif du chien.
- du chiot non socialisé et privé de stimulations diversifiées durant ses douze premières semaines de vie. Il souffre du syndrome de privation qui engendre une grande anxiété.

  • N°7 : Peut-on estimer un taux de réussite ? Kjersti Fanals, région Rhône-Alpes 

Difficile de parler de taux de réussite, pour la résolution de problèmes rencontrés par des maîtres dans leur relation avec un chien ; par la diversité des difficultés vécues dans les familles/meutes dune part, et par la diversité des facteurs pouvant amener cette réussite.

Dans ces facteurs, l’implication du comportementaliste est évidente, mais celle de toutes les personnes vivant avec l’animal est capitale,  puisque ce sont elles qui vont induire les changements. La confiance dans les conseils qui leur ont été proposés, ainsi que leur patience et persévérance à les appliquer, venant marquer la différence dans les résultats obtenus. 

Une ré-harmonisation rapide et éclatante de la relation avec le chien chez des maîtres très impliqués, est possible et courante ; mais des progrès plus inégaux, plus lents sont aussi observés, comme menant à des réussites moins totales mais toutefois satisfaisantes.

  • N°8 : Le chien étant souvent considéré maintenant comme membre de la famille, génère t’il des problèmes particuliers ? Dominique Pineau, Région Paris Ile de France.

Le chien dans l’intimité familiale implique un certain nombre d’obligations : socialisation, hiérarchie, respect des codes canins dans une famille dont le mode de vie sera adaptée à ses caractéristiques (race – sexe- tempérament).

L’association homme /chien, comparable à une meute, exige un système hiérarchisé réglant la vie en communauté. L’animal a besoin de repérer la dominance par des comportements clairs et signifiants : la communication est  primordiale.  

Le chien fait partie de la constellation familiale, et celle-ci évolue constamment : l’équilibre est à réadapter sans cesse. Sa place au foyer est complexe, elle n’est pas la même pour les différents membres.

L’anthropomorphisme empêche l’humain  de « penser chien » et favorise le fossé qui se creuse entre eux. A cause de cela, les molosses devenus encombrants ou « agressifs » forment la majorité des abandonnés dans les refuges. 

  • N°9 : Exemple vécu, concret d’une intervention professionnelle:  Krystel Noirjean, région Provence 

Victor, Shar Peï mâle, âgé de 10 ans, très joueur,  est adorable avec les enfants, les adultes, les chats, et les chiennes, mais ne supporte pas les autres mâles. Acheté par Christian, à l'age de 8 semaines à un éleveur, il vit depuis dans un appartement, dans la région du Luberon. Depuis deux ans, lorsque Christian s'absente pour son travail, il vocalise et dégrade les coins de meubles et les portes, exceptée la table basse du salon! Ce comportement est une des façons d'exprimer son anxiété.

 Nerveux et très actif, Christian ne supporte plus cette situation. "Le laisser seul dans cet appartement est devenu impossible, je n'en peux plus. Que puis-je faire?"

Trois séances de deux heures ont suffit pour faire disparaître les vocalises et l'activité destructive. Se comporter c'est communiquer. Comprendre le comportement de l'autre c'est déjà trouver une solution au problème!

  • N° 10 : Exemple vécu, concret d’une intervention professionnelle: Isabelle Malaval, région Haute Normandie

 Tinkie, jeune femelle Rottweiler de 4 mois1/2 « n’en fait qu’à sa tête », « a beaucoup de caractère ! » me disait sa maîtresse. 

Après approfondissement, il s’avère que Tinkie s’est appropriée une place sur le canapé, dort la nuit dans la chambre et ne s’endort que dans les bras, réclame sans cesse sorties, jeux et câlins (ces derniers étant prétexte à des mordillements assez fort).

En deux entretiens, j’ai expliqué le mode de fonctionnement d’un jeune chien dans une meute, ainsi que le rôle et la fonction du dominant « chef de meute ».

La maîtresse a tout de suite reconnu Tinkie dans le dernier portrait !

Elle a donc décidé de la reprendre en main. Cela a consisté à inverser la hiérarchie, c’est à dire, schématiquement, à ne plus céder aux moindres demandes ou désirs de Tinkie.

Dorénavant c’est la maîtresse quiprend les décisions ; Tinkie a retrouvé sa place et sa maîtresse une jeune chienne plus sereine.

  • N° 11 : Exemple vécu, le comportementaliste:un médiateur   Marion Gauvin, région Auvergne

Dans beaucoup  de villes et de villages les municipalités luttent contre le problème des déjections canines. Des moyens techniques, chers et souvent  pas très efficaces ont été mis en œuvre dans beaucoup d'endroits. Pourtant une petite pelle, un sachet et surtout un changement de mentalité seront la meilleure solution pour résoudre ce problème. Par ses interventions le comportementaliste peut aider à responsabiliser les propriétaires de chiens. Il va dans les écoles pour sensibiliser les enfants, qui, eux à leur tour, motiveront les adultes à une conduite plus citoyenne, plus respectueuse. Avec les élus il peut mener des campagnes d'explication dans le milieu associatif, aider à organiser des animations autour du chien ayant pour thème la propreté de notre cadre de vie. C'est un exemple du travail de médiateur du comportementaliste, entre la société et les propriétaires de chiens. 

 

  • N°12 :  Le comportementaliste, un interprète: Danièle Mirat, région Paris Ile de France.

Les comportementalistes font un très beau métier : ils rapprochent homme et animal, en aidant les maîtres à entrer dans le monde de leur chien, pour comprendre ce qu’il comprend. 

 Quand ils s’éloignent, leur travail terminé, qu’ils voient maître et chien mieux se connaître, pour mieux vivre ensemble une relation vraie, capable de les transformer tous les deux, ils ont alors juste envie que tout le monde sache que c’est possible.

 

 

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