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Association C.A.D. : COMPORTEMENTALISTES D'AUJOURD'HUI et de DEMAIN Des comportementalistes spécialistes des relations Homme/Chien/Chat
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Article publié dans la revue Rottweiler News n°2 de Nov/déc 2006 (Co-rédaction de Jean Paul Hadjadj et Danièle Mirat Comportementalistes)
Comportementaliste, ultime recours?
Le comportementaliste est-il l’ultime solution aux problèmes avec un Rott ? (ou tout autre chien de n'importe quelle race!)
Plus encore que tout autre, le propriétaire d'un Rottweiler est attentif à l'évolution de son animal. Il est soumis comme ses concitoyens, au matraquage médiatique sur les accidents fort regrettables impliquant des chiens de cette race (ou qui lui ressemblent). Il redoute que son compagnon déjà classé par la loi dans la catégorie « chiens dangereux » ne le devienne réellement et il a besoin de professionnels pour le conseiller et l’aider. « Mon Rott a des problèmes »…ou bien : « J'ai des problèmes avec mon Rott » sont les deux versions d'une même plainte formulée, et trop souvent restée sans réponse véritable faute d'avoir trouvé le bon interlocuteur.
Des problèmes ?
Ce terme peut recouvrir une multitude de réalités. Le chien peut être décrit comme « désobéissant » exemple : trop occupé à flairer, il tarde à revenir au rappel, ou bien il tire sur sa laisse, il saute sur tout le monde, ou encore il agresse ses congénères... D’autres fois, on dit de lui « qu’il se conduit mal » exemple : mon Rott détruit dans l’habitat, il a peur de tout, il aboie pour un rien, ou il urine ici et là, il grogne quand on le caresse, il veut nous chevaucher...
A qui s'adresser ?
Le propriétaire consciencieux va d'abord avec raison, consulter son éleveur ou/et son vétérinaire. Une maladie ou une lésion douloureuse peuvent en effet altérer l'humeur du chien, mais si le praticien ne décèle pas d’anomalie organique, notre propriétaire va de nouveau se demander vers qui se tourner. Peut-être lui sera-t-il conseillé d'aller voir un éducateur canin.
Si les difficultés rencontrées sont liées à un difficile contrôle de son chien en extérieur, c’est effectivement le bon interlocuteur. Mais pour les autres problèmes, il ne faudra pas attendre du dressage ce qu’il ne peut pas apporter (car comment dresserait-on un chien à ne pas détruire, gémir, aboyer, uriner ou déféquer quand on s’absente de la maison par exemple ?)
En désespoir de cause et avec de la chance, quelqu'un l’orientera peut-être vers un comportementaliste, professionnel moins connu et dernier recours pour ce maître désemparé, dont les problèmes ne sont peut-être pas encore complètement réglés.
A noter : les « désobéissants » en balade sont aussi souvent des chiens qui «se conduisent mal » à la maison ! En effet les consultations pour problèmes rencontrés en promenade, montrent souvent une mauvaise organisation des relations, et les consultations pour difficultés à l’intérieur sont souvent associées à des balades difficilement gérables. C’est une meilleure organisation/gestion des interactions entre le chien et ses maîtres, qui peut faire évoluer notablement le déroulement des sorties. Plus sécurisé par de meilleurs échanges au sein de sa structure familiale, le chien est aussi plus stable et confiant dans sa confrontation avec le monde extérieur (ainsi que plus disponible pour les apprentissages) A méditer donc sur ce qu’il faudrait aborder et régler en premier, pour ne pas faire du comportementaliste, un intervenant de la dernière chance... du chien.
Comment ce professionnel agit-il ?
Le comportementaliste appréhende les comportements gênants, mal expliqués et/ou inquiétants de l’animal, comme des difficultés d’adaptation de celui-ci à son milieu et à ce qui est attendu de lui. Spécialiste des relations de l’Homme et du chien, le comportementaliste refuse d’observer un Rott et ses désordres du comportement, comme s’il était un sujet isolé, autonome, imperméable et indépendant de son environnement et de ses relations à ses maîtres.
Chaque Rott est unique (de par sa lignée, son vécu prénatal, sa naissance, son développement précoce à l’élevage et ses expériences dans son environnement familial). Chaque famille aussi est unique (avec son histoire, la sensibilité et les diverses attentes de chacun face au chien)
Cette infinie diversité fait que la situation problématique d’une famille avec son animal, n’aura jamais exactement les mêmes raisons ni les mêmes solutions. Pour le comportementaliste, ces solutions seront donc adaptées à chaque cas particulier, sans standardisation de protocole, sans séance/type avec questionnaire/type. Les comportements désordonnés d’un Rott ne font pas forcément de lui un « détraqué », un malade, un animal méchant que l’on doit dresser ou médicaliser, et s’il se comporte d’une manière que l’on s’explique mal, il a justement d’abord besoin d’être mieux compris. Les altérations des comportements du chien étant le plus souvent engendrées par une mauvaise communication entre les deux espèces (humaine et canine) en présence, la tâche première du comportementaliste consiste à rendre intelligible le comportement du Rott pour son propriétaire. Comme lui faire comprendre parfois, que d’un strict point de vue canin, le comportement de son chien peut être « normal » et en tout cas légitime, malgré les désagréments (voire danger) qu'il provoque.
Quelles pistes le comportementaliste suit-il ?
Pour mener à bien cette tâche:
C’est donc (rapidement survolé ici) l’histoire et l’ensemble du quotidien environnemental et interactionnel du chien qui est à examiner avec ses propriétaires, pour conduire ceux-ci à modifier un peu de leur cohabitation. Meilleure gestion des échanges avec le Rott, meilleure gestion de son émotionnel, meilleure gestion des déplacements et repos de chacun sur le lieu de vie... autant d’éléments propices à une meilleure communication, qui mèneront progressivement à l’apaisement des tensions avec le chien et à des comportements plus adaptés et attendus de sa part.
Et sans exiger du comportementaliste une résolution « éclair » des problèmes (surtout pour des difficultés installées depuis longtemps) il serait plus prévoyant et responsable de faire appel à ses services, dès le projet d’acquisition d’un chiot (ou d’un chien en refuge).
Co-rédaction de Jean Paul Hadjadj et Danièle Mirat Comportementalistes
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