|
Association C.A.D. : CHIENS D'AUJOURD'HUI et de DEMAIN Des comportementalistes spécialistes des relations Homme/Chien
|
|
Reportage paru dans le magazine "Santé Pratique Animaux" n° 13 d'Avril 2004
Retour au sommaire page "les activités de C.A.D."
Le Vétérinaire ou le comportementaliste : a qui s’adresser ?
Lorsque notre chien ou notre chat ne va pas bien, nous songeons immédiatement à appeler le vétérinaire, sans plus nous demander si ce dont souffre notre animal, relève bien de sa compétence. Une nouvelle profession émerge en France : les comportementalistes. Leur intervention en complément de celle du vétérinaire pourra résoudre bien des problèmes. Depuis un peu plus de dix ans, de nouveaux types de professionnels apparaissent dans l’univers de la santé animale. Certains les surnomment des « psychologues pour animaux », d’autres les rapprochent des éthologues (scientifiques de l’étude des comportements) leur métier porte un nom : comportementaliste. Une profession encore peu connue Cette profession est apparue aux États-Unis dans les années 70. Les comportementalistes d’alors se comptaient sur les doigts d’une main et se consacraient presque exclusivement aux chevaux – c’est de la vie du plus célèbre d’entre eux, Monty Roberts, qu’a été tiré le film « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux ». En France, aujourd’hui, ils sont moins d’une cinquantaine à exercer cette profession pour s’occuper principalement des chiens et des chats.
La première école de comportementalistes née près de Fontainebleau en 1986, a été fondée par l’éthologiste Michel Chanton. Depuis cette date, l’influence de ces professionnels n’a cessé de grandir mais on est encore loin d’une reconnaissance officielle car les comportementalistes dérangent. Ils bousculent nos habitudes, nous qui, propriétaires d’animaux, avons toujours voulu penser que l’amour que nous portons à nos compagnons suffisait à assurer leur équilibre psychique. Ils viennent également troubler l’équilibre qui s’était établi entre les différentes professions qui gravitent autour des animaux : vétérinaires, bien entendu, mais aussi dresseurs ou éducateurs canins…
Pourtant, les comportementalistes ne cherchent pas à se substituer aux autres professionnels ni à empiéter sur leurs différents domaines d’intervention. Ils prétendent seulement qu’une dimension importante de l’animal a été sous-estimée jusqu’ici et qu’elle doit être mieux prise en compte aujourd’hui. « Notre profession est née de la constatation que tous les problèmes de nos compagnons ne relèvent pas forcément de pathologies organiques, pour lesquelles une médicalisation ne sera pas opérante, pas plus que le dressage du chien d’ailleurs. Il faut voir l’animal de compagnie comme un membre à part entière de la cellule familiale et on imagine alors aisément que la relation qui se crée peut être à l’origine de différents troubles que la simple administration d’un médicament ne suffira pas à résoudre » explique ainsi Danièle Mirat, comportementaliste et spécialiste de la relation homme/chien. Beaucoup de vétérinaires valident cette analyse : « Il y a des animaux qui changent de comportement en raison des maux dont ils souffrent, et dans ce cas, le traitement relève, bien évidemment, de la responsabilité unique du vétérinaire. Mais ce n’est pas toujours le cas, loin de là » confirme Jacqueline Peker, « durant toutes les années où j’ai exercé, en tant que vétérinaire, j’aurais adoré pouvoir m’adresser parfois à un comportementaliste pour m’aider à résoudre les problèmes des animaux que l’on m’amenait au cabinet ».
Jusqu’à la fin des années 90, la médecine vétérinaire officielle, ne s’est pas préoccupée des troubles « psychologiques » des animaux. Mais les mentalités évoluent : « Avec les années, les choses ont changé. On a longtemps taxé les vétérinaires qui s’intéressaient à ces problèmes d’anthropomorphismes, de vouloir appliquer des éléments de psychologie humaine aux animaux. Mais aujourd’hui personne ne peut plus nier que l’homme a une influence sur l’animal, tout comme l’animal – le chat en particulier – peut influencer l’homme ». L’enseignement vétérinaire classique, intègre d’ailleurs, depuis quelques années, cette notion. Il existe en effet depuis 1998 une formation de « vétérinaire comportementaliste. Les vétérinaires y reçoivent 120 h sur 3 semaines de cours d'éthologie, de pathologie comportementale et psychopharmacologie (médicaments à effets comportementaux). Malheureusement, cette formation se limite à ce que l’on appelle les psychopathologies et continue de se focaliser sur l’analyse du symptôme plutôt que de s’intéresser en priorité à la relation homme/animal. Bien peu d’élèves vétérinaires choisissent cette voie : on dénombre moins de cinquante diplômés en France aujourd’hui et la prise en compte des paramètres comportementaux reste très prudente. En dehors de la voie vétérinaire « pour être comportementaliste il existe aujourd’hui trois écoles privées en France » explique Françoise Gaudron, comportementaliste de la première heure. « Différentes possibilités de formations sont proposées, à distance ou non, comprenant plus de 200 heures de cours, stages pratiques, études de cas et autant de devoirs et travail personnel, pour une approche dirigée sur la relation de l’homme à son animal ».
Ici, comme dans beaucoup d’autres professions liées à la santé, rien ne remplace en effet l’expérience du terrain et la pratique de l’écoute des propriétaires d’animaux. Elle est primordiale dans le métier de comportementaliste animalier et les entretiens ne durent jamais moins de deux heures afin d’identifier précisément l’origine des troubles dont souffre l’animal, ou ses maîtres... En général, il suffit de deux ou trois séances souvent à domicile et parfois chez le praticien, pour faire le bilan et prodiguer les conseils utiles. La séance coûte entre 75 et 100 €, ce n’est pas neutre, même lorsque l’on aime son animal par dessus tout, c’est pourquoi il faut prendre son temps pour choisir le meilleur professionnel.
Il y a des trucs pour éviter les amateurs. Le premier : se fier au bouche à oreille, un propriétaire satisfait est souvent le gage d’un bon diagnostic. Le second est encore plus simple : avant de confier votre problème au comportementaliste que vous avez sélectionné, demandez lui comment il travaille. S’il vous parle de séance-type, de questionnaire-type ou de « rééducation », choisissez-en un autre ! Un bon comportementaliste vous dira sans doute uniquement qu’il travaille sur « votre relation à votre animal » Ne vous méprenez pas, le comportementaliste ne vous fera jamais d’ordonnance, il ne vous conseillera même par d’employer tel ou tel antiparasitaire ou d’adopter un régime alimentaire ou un autre. En revanche, il vous apprendra à comprendre comment votre animal interprète votre comportement, quels sont les signes que vous émettez et qui le poussent à agir comme il le fait, il vous apprendra également comment gérer la distribution des aliments. « Finalement, nous nous occupons surtout des maîtres » explique, avec une pointe d’ironie Danièle Mirat, « Nous ne sommes pas là pour nous substituer aux vétérinaires. D’ailleurs, nous conseillons de consulter le vétérinaire préalablement pour s’assurer que le trouble du comportement n’est pas l’effet d’une pathologie. Mais lorsque l’hypothèse de la maladie est écartée, il faut alors se retourner vers le comportementaliste pour tous comportements inexpliqués, inappropriés, dangereux, gênants, indésirables… plutôt que d’avoir recours sans autre analyse aux calmants, aux antidépresseurs ou au dressage de l’animal ».
On devrait faire appel au comportementaliste avant que les problèmes n’apparaissent et en particulier avant même d’acquérir ou recueillir un compagnon. Il vous conseillera sur l’espèce et la race à choisir en regard de votre mode de vie et même la manière de choisir un petit dans une portée. A l’arrivée d’un chiot dans le foyer il vous aidera à organiser la relation et vous conseillera en premier lieu pour le délicat apprentissage de la propreté. A ce même moment, il faut se tourner aussi vers le vétérinaire qui vérifiera le bon état de santé de votre protégé. C’est lui qui procédera au suivi des vaccinations et vous donnera les conseils alimentaires adaptés selon l’animal que vous avez choisi de faire entrer dans votre foyer et selon son âge. Un mois après, une nouvelle intervention du comportementaliste peut être nécessaire dans certains cas, pour parfaire l’établissement d’une relation harmonieuse. Au bout d’un an, les rappels de vaccination sont du domaine vétérinaire. Mais lorsque survient l’adolescence (entre 9 mois et 22 mois selon les races de chiens) on assiste souvent à une flambée de problèmes. Ici encore, l’avis d’un comportementaliste peut s’avérer nécessaire. Il pourra même être utile de vous adresser en plus à un éducateur canin (dresseur) qui vous donnera les moyens d’avoir un bon contrôle de l’animal, notamment en ville, pour éviter tout problème lors des promenades et sorties. Plus tard, à l’occasion de tout changement de l’équilibre familial (divorce, décès, naissance, départ d’une enfant du foyer, déménagement ou même départ en vacances) vous et votre animal pourrez tirer de grands bénéfices d’une nouvelle consultation auprès d’un comportementaliste. On le voit, le comportementaliste et le vétérinaire sont des professionnels parfaitement complémentaires dont les interventions apporteront, chacune à leur manière, une grande harmonie dans votre relation avec votre animal. Déjà, dans certaines villes, des binômes de vétérinaires et comportementalistes se constituent. Ces « couples » sont encore peu nombreux du fait de la méfiance de nombreux vétérinaires envers les comportementalistes. Et pourtant, de l’aveu même des propriétaires d’animaux une collaboration étroite est idéale pour accompagner ceux qui se soucient du bien-être complet de leur compagnon. Léonard Katz
Retour au sommaire page "les activités de C.A.D."
|